Le perfectionnisme cache-t-il une blessure?
Une exigence qui protège
Le perfectionnisme se fait facilement passer pour une qualité. Rigueur, souci du détail, standards élevés. Sur un curriculum vitæ, ça se présente bien.
Mais il y a une différence entre vouloir bien faire et ne jamais pouvoir s’arrêter. Le premier vous permet de terminer. Le second vous garde en tension, parce que le seuil acceptable recule à mesure que vous avancez.
Quand une exigence coûte aussi cher, elle sert généralement à éviter quelque chose : être pris en défaut, décevoir, être jugé, se sentir insuffisant. Je ne parle pas de diagnostiquer une blessure d’enfance. Je parle d’observer, très concrètement, ce que la perfection vous permet de ne pas vivre.
Des repères concrets au quotidien
Le perfectionnisme se reconnaît souvent à ses effets plutôt qu’à ses intentions. Vous reportez le début d’un projet parce que les conditions ne sont pas idéales. Vous relisez un courriel de trois lignes quatre fois. Vous ne déléguez pas. Vous ne montrez rien tant que ce n’est pas fini, donc vous ne montrez presque rien.
Essayez de fixer un seuil à l’avance. Combien de temps, combien de révisions, quel niveau est suffisant pour cette tâche-là. Décidez-le avant de commencer, pendant que vous êtes encore capable de penser clairement.
Puis livrez une chose imparfaite cette semaine. Une petite. Observez ce qui arrive réellement.
Ce qu’un accompagnement peut apporter
En séance, nous cherchons où l’exigence vous sert et où elle vous coûte. Elle a probablement contribué à des réussites réelles, et ça mérite d’être reconnu.
Ensuite, nous travaillons sur des expériences concrètes : livrer avant d’être satisfait à cent pour cent, demander de l’aide, laisser quelqu’un faire à sa façon. C’est inconfortable, et c’est précisément ce qui rend l’expérience utile.
Le corps, souvent, se détend un peu quand ce seuil devient négociable.
Quand un autre type de soutien devient nécessaire
Si l’exigence envers vous-même s’accompagne d’anxiété importante, d’une autocritique très dure, d’un épuisement ou d’une souffrance qui dure, un psychologue ou un professionnel habilité sera mieux placé que le coaching pour vous accompagner.
Pour aller plus loin
Cet article est éducatif et ne remplace ni une évaluation ni un suivi professionnel. Source de référence : Ordre des psychologues du Québec.